Un jour en octobre, j’avais une vingtaine d’agents IA qui travaillaient en même temps, sur quatre projets. C’est devenu chaotique vraiment vite. Je n’arrivais plus à suivre lequel avait besoin de moi, ni quand.
Comment je me suis rendu là
Comme la plupart du monde, j’ai commencé par déléguer à un seul agent. Je lui donnais une tâche et je restais là à le regarder travailler. Quand j’ai eu confiance en ce qu’il pouvait faire sur un type de tâche précis, j’en ai essayé un deuxième. Puis un autre, et un autre, jusqu’à trouver le nombre que je peux gérer moi-même. Une vingtaine sur des tâches simples, ou quatre sur quelque chose de plus complexe.
À 20, j’ai vu que mon MacBook Pro n’arrivait pas à suivre tout ce calcul. Alors j’ai mis un vieux PC au travail comme serveur, pour les tâches les plus lourdes.
Les agents sur ce serveur, je les appelle des bees. Chacun est une session de Hermes, mon agent, qui roule sur Claude. Leur donner un nom à eux, ça rend la délégation plus simple d’un agent à l’autre. Quand je dis à un agent de passer une tâche à une bee, il ouvre une nouvelle conversation sur le serveur, nommée d’après la tâche, avec les instructions déjà envoyées. Je la vois dans mon app et je peux prendre le relais comme dans n’importe quelle autre. Du 4 au 19 octobre, j’ai ouvert environ 200 conversations sur ce serveur, tests compris.
Le jour où j’ai perdu le fil
Quand t’as plusieurs sessions sur plusieurs projets en même temps, ça devient très mêlant de savoir à quoi et quand tu dois intervenir. Une session finit souvent avec quelque chose pour moi à surveiller ou à faire plus tard. Une fois passé à un autre projet, je l’oubliais, et je devais retrouver la conversation pour la relire.
Le jour des 20 agents sur quatre projets, je n’arrivais plus à suivre. C’est ce jour-là que j’ai décidé de bâtir la liste For you.
Ce qui a planté
Le pire moment, c’est quand la majorité des agents avaient besoin de beaucoup de ressources en même temps. Certains ont planté, d’autres sont restés bloqués. J’ai dû ralentir et passer à travers chaque projet pour avoir un portrait clair d’où en était le travail.
Pas de vrais dégâts. Juste beaucoup de temps passé à déboguer. Mais j’en ai tiré plein de leçons qui me servent énormément aujourd’hui.
Comment je garde le fil
- Hive Watch. Une fenêtre toujours ouverte sur mon Mac. Elle me montre chaque bee et chaque agent local, et sur quoi chacun travaille.
- La liste For you. Les tâches qui ont besoin de moi. Ce sont les bees et mes autres agents qui l’écrivent, jamais moi. Quand une bee termine, elle y laisse ce qui me reste à faire, en une ou deux lignes. Quand une tâche est prête pour moi, mon Mac m’envoie une notification.
- Des garde-fous sur chaque tâche. Pour toujours rester en contrôle de la portée et du résultat que je veux. Chaque bee reçoit la même courte consigne. Le code qu’elle écrit attend ma révision avant d’entrer dans le projet, et elle n’ouvre jamais d’autre bee elle-même.
- Le matin. Mon portail client contient presque tous mes projets et toutes les tâches qui restent. Chaque matin, je demande à mon agent sur quoi on travaille aujourd’hui. Il me répond selon les échéances, l’effort, les gains rapides. Il me donne habituellement quelques tâches qui, selon lui, vont me prendre la journée. En réalité, ça prend quelques heures, et on fait facilement le double de ce qu’il pense. Sans rien couper sur la qualité, bien sûr.
Beaucoup de monde a de la misère avec le changement de contexte, sauter d’une tâche à l’autre. Moi, pas vraiment. Surtout à cause de toute mon expérience en jeux vidéo compétitifs, et de comment je suis comme personne. Je suis capable de suivre plusieurs choses en même temps sans me sentir débordé ou perdu.
Au début, c’était fatigant quand même. C’est comme n’importe quel muscle. Plus tu l’entraînes, plus ça devient facile, et plus t’en fais à chaque fois.
Ce que je garde pour moi
- Les clients et les secrets. Les communications avec mes clients et l’information sensible, comme les mots de passe, les clés et les secrets, restent avec moi.
- Le design des nouvelles pages. Je ne laisse pas les agents designer de nouvelles pages sur un site. La plupart du temps, le résultat est inégal. Alors je pose d’abord le système de design, les couleurs, la typo et les composantes. Je bâtis la page d’accueil et on la peaufine le mieux possible. Ensuite, on crée des gabarits que les autres agents peuvent réutiliser sur le même site.
Par où commencer
Un cas simple pour moi, ça a été un gabarit de proposition pour les nouveaux clients, bâti sur les variables qui servent à fixer le prix d’un projet. Une fois qu’il existe, tu peux mettre autant d’agents que tu veux sur les demandes qui entrent, un agent par proposition. Tu peux automatiser ça au fur et à mesure que les demandes arrivent, ou tout faire en lot dans une journée. Ce qui marche pour toi.
J’adore faire rouler plusieurs agents en même temps. Ça me permet de régler plus vite les petites demandes de mes clients, au quotidien.


